La Communauté de Sant’Egidio

 

Sant’Egidio est un groupe de communautés formé à l’intérieur de l’Eglise catholique immédiatement après le Concile du Vatican II.

 

Cette Communauté ne saurait donc être définie au sens strict comme une association volontaire. Bien que menant de nombreuses initiatives dans le domaine de l’assistance aux couches les plus défavorisées de la société et de nombreux projets de développement de par le monde financés pour une grande partie par les souscriptions et les donations, la Communauté de Sant’Egidio est une formation ecclé-siastique, légalement définie comme une « association internationale publique » reconnue par le Saint-Siège.

 

A l’origine, la Communauté de Sant’Egidio a commencé ses activités en 1968 dans une école secondaire de Rome, sous forme de projet d’un groupe d’étudiants d’évoluer dans le cadre d’une association fraternelle pour vivre en contact direct avec les plus pauvres de la société selon des impératifs de vie, reflétant fidèlement le message évangélical.

 

Aujourd’hui, Sant’Egidio comprend plusieurs centaines de commu-nautés de dimensions variables avec des membres d’âge et d’ origine divers.

 

Le fondateur, Monsieur Adrea Riccardi, à l’époque lycéen, est aujourd’hui professeur d’histoire de la Chrétienté à l’Université de Rome.

 

Les principales activités de Sant’Egidio sont concentrées à Rome (la moitié des membres de l’association est originaires de Rome). Cependant, on trouve des communautés de Sant’Egidio ailleurs en Italie, à Gênes, Naples, Florence, Milan, Turin, Parme, etc… Par ailleurs, d’autres communautés ont été créées en Europe (Portugal, Espagne,

Allemagne, Irlande, Suisse, Hongrie, République Tchèque, Russie, Ukraine, Lituanie), en Amérique centrale et latine (Mexique, Bolivie, Guatemala, El Salvado, Argentine), en Afrique (Guinée, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mozambique et tout récemment au Sénégal), en Asie (Indonésie).

 

Les objectifs de cette Communauté, tels que définis dans sa charte constitutive, approuvée par le Saint-Siège, sont :

 

  • Primauté de l’évangélisation, particulièrement chez ceux qui sont les plus éloignés de l’expérience et de la pratique de la religon ;

 

  • Primauté du service parmi les pauvres ;

 

  • Primauté du dialogue œcuménique et inter-religieux mené à travers l’hospitalité de l’Eglise de l’Est, l’amitié et la coopération avec les croyants des autres religions, pour une coexistence pacifique dans toutes les parties du monde.

Il n’y a pas un modèle unique pour les différentes communautés disséminées à travers différents pays, cultures et villes.

 

Cependant, là où existe un groupe de la Communauté de Sant’Egidio, il y aura des rencontres entre personnes animées par le besoin de mettre en phase la foi évangélique avec l’assistance au pauvre et la responsabilité civique dans le monde, dans un esprit d’amitié mutuelle et de rencontre avec des croyants d’autres religions et des hommes de bonne volonté.

 

En Europe, les Communautés de Sant’Egidio sont en général très actives dans l’assistance aux personnes âgées, particulièrement celles qui ne peuvent plus s’occuper d’elles-mêmes et aux immigrés en provenance des pays de l’Est et du Sud.

 

Dans ces domaines précis, la Communauté a mis au point un système d’aide très complexe : centres de réception, cantines assistance juridique, logements, campagnes contre l’intolérance et le racisme, etc.

 

A travers l’association internationale « Peuples et Religions », fondée à l’initiative de la Communauté, ont été menées de nombreuses initiatives dans le domaine des échanges inter-culturels avec des spécialistes renommées et des croyants ordinaires non-chrétiens.

 

L’un des moments les plus importants de ce désir renouvelé de compréhension entre les grandes religions du monde, a été la rencontre internationale de paix tenue, le 27 octobre 1986, sous l’égide de l’institu-tion d’Assise « Ensemble pour la Paix ».

 

A l’occasion du 20ème anniversaire de la Communauté, le Pape Jean-Paul II, parlant à ses nombreux membres réunis à Rome, a déclaré : « Dans cet esprit, vous vous êtes consacrés à la promotion du dialogue entre Chrétiens et croyants des autres religions. A travers vos voyages et rencontres vous avez créé des liens d’amitié avec les représentants des Eglises d’Orient… Les distances entre les peuples semblent énormes, mais les relations d’amitié, de fraternité et de communion permettent aux personnes de se rapprocher les unes des autres, repoussent au loin la peur. La Communauté de Sant’Egidio est en train de faire une importante contribution dans cette direction aidant les hommes et les femmes à se rapprocher et à vivre en bonne entente, tout en étant de religions différentes ».

 

Travailler pour le dialogue entre croyants de religions différentes est une précondition nécessaire et doit accompagner les efforts de paix dans certaines parties du monde.

 

Plus récemment la Communauté de Sant’Egidio s’est engagée dans le projet « DREAM » (Drug Resources Enhancement against AIDS and Malnutrition), aujourd’hui pleinement opérationnel au Mozambique et en Guinée-Bissau et dont l’élargissement a été planifié à d’autres pays de l’Afrique sub-saharienne.

 

Ce programme représente, pour l’Afrique, une importante opportunité d’accéder au traitement antirétroviral pour les personnes qui vivent avec l’HIV/SIDA.

 

LES MEDIATIONS DE SANT’EGIDIO

 

L’initiative de paix au Mozambique est sans contexte l’épisode le plus remarquable de toute une série d’actions qui ont jalonné la vie de la Communauté.

 

En juillet 1990, débutèrent à Rome, au siège de la Communauté, les pourparlers entre la Renamo et le Gouvernement mozambicain après quatorze années de guerre et l’échec de plusieurs tentatives internationales visant à mettre un terme à un conflit qui a entraîné la mort d’un million de personnes et l’exil de plus de deux millions d’autres. Le 4 octobre 1992, en présence des médiateurs et de nombreux responsables et observateurs de Nations-Unies et d’autres organi-sations internationales, et après deux ans et demi de négociations sous l’égide de la Communauté, le Président de la République du Mozambique et le Président de la Renamo ont signé un accord de paix pour mettre fin à la guerre civile.

 

Dans le même contexte, d’autres initiatives ont été prises dans d’autres pays d’Afrique (Erythrée, Ethiopie, Soudan, Somalie, Libéria), au Moyen-Orient (Liban) et en Amérique centrale (El Salvador, Guatemala).

 

A ce jour, la Communauté mène, dans le cadre de ses activités en faveur de la paix, une série d’initiatives et de contacts pour promouvoir un accord entre les groupes ethniques au Burundi et elle a également permis d’organiser à Rome, à deux reprises, un dialogue entre partis politiques algériens pour trouver une solution à la dramatique situation de l’Algérie.

 

Egalement en Amérique latine, après un long processus de dialogue entre les parties concernées, les représentants de l’URNG et le Gouvernement du Guatemala se sont rencontrés et à la fin des discussions un communiqué conjoint a été signé par les deux parties pour établir une base solide pour les pourparlers de la paix officiels.

  

Comblée de louanges pour le Mozambique, critiquée pour l’Algérie, Sant’Egidio a montré les atouts et les limites actuelles de son engagement. C’est son implantation en Italie, en Afrique et ailleurs qui l’a conduite à tisser ce réseau précieux d’amitiés qui s’affiche chaque

année lors des Journée de Prière renouvelant la rencontre d’Assise en 1986. C’est aussi la souplesse de sa méthode qui lui a permis d’engager de manière libre et désintéressée une diplomatie parallèle sans complexe et guère de moyens.

 

Avec le Mozambique, Sant’Egidio a acquis une stature internatio-nale. Mais sa position originale sur l’échiquier des mouvements catholiques lui permet aussi une relative liberté de manœuvre.

 

L’on remarque cependant parfois quelques crispations du côté du Vatican. En effet, ses diplomates, habitués à un labeur de discrétion, de prudence et de mesure, se sont montrés agacés qu’on confonde à l’extérieur le travail du Saint-Siège et cette simple association de laïcs.

 

Pour d’autres, l’activité simultanée sur certains terrains chauds de diplomates de l’Eglise et de Sant’Egidio, ne peut qu’enrichir les atouts diplomatiques de l’Eglise.

 

« Votre engagement, qui est celui de la charité est aussi celui de la paix » leur a dit Jean-Paul II, le 6 avril 1998 en les accueillant, comme chaque année, au Vatican. Un véritable quitus pour Sant’Egidio.

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