La Diplomatie Pontificale
Dés le IV° siècle, le Pape s’est fait représenter dans les provinces les plus éloignées de Rome, par des vicaires apostoliques. A partir du V ° siècle, il envoie auprès des empereurs chargés de suivre les questions intéressant l’Eglise. Grégoire II avait de nombreux envoyés, appelés légats, auprès des princes civils et des évêques.
C’est au XVI° siècle que ces légations deviennent stables et que sont érigées des nonciatures permanentes. Leur titulaire, le nonce, l’envoyé, généralement évêque, est accrédité auprès d’un royaume, d’une république ou d’une principauté indépendante, comme représentant du Saint-Siège chargé de négocier les affaires en discussion entre les deux pouvoirs.
Avec Grégoire XIII, les représentations diplomatiques pontificales deviennent une institution régulière permanente.
La mission de représentant diplomatique du Saint-Siège est différente de celle des ambassadeurs des Etats.
Les légats du Pape se définissent en premier lieu par leur fonction ecclésiale et pastorale et seulement en second lieu par leur fonction diplomatique et temporelle.
Ils doivent exercer leur fonction en liaison avec les responsables des Eglises locales, sans jamais empiéter sur leur compétence en particulier pour le choix des candidats à l’épiscopat et l’érection de nouveaux diocèses.
Ils ont la fonction œcuménique de développer les relations fraternelles avec les autres familles chrétiennes comme aussi avec les religions non chrétiennes.
Le Saint-Siège, qui est comme le gouvernement central de l’Eglise catholique au plan international, jouit des prérogatives reconnues aux Etats souverains par le droit international, c’est à dire le droit de légation actif et passif, qui lui donne la faculté d’envoyer et de recevoir des agents diplomatiques.
Le milliard de catholiques répandus à travers le monde, vit dans la société civile tout en étant sous la juridiction spirituelle du Pape, dont ils se reconnaissent dépendant et qui exerce sur eux un réel pouvoir. Les lois auxquelles ils sont soumis peuvent favoriser ou, au contraire, entraver le libre exercice de leur foi.
Alors que la juridiction de chaque Etat est limité par ses frontières et que son crédit international se mesure par sa puissance, le Saint-Siège n’a pratiquement pas de territoire et ne dispose ni d’infrastructures économiques ni de forces armées dignes de ce nom. Mais l’autorité du Pape s’exerce sur les catholiques qui sont déjà sujets d’un pouvoir politique celui de l’Etat auquel ils appartiennent.